PROBLEMATIQUE DE L’ENTREPRENARIAT EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE, PARTICULIEREMENT AU BURKINA FASO

L’environnement développemental en Afrique se caractérise par des instabilités politiques, économiques, climatiques et environnementales ; une exacerbation de la dégradation des ressources naturelles ; une situation sécuritaire précaire, et surtout, des systèmes éducatifs inefficaces qui promeuvent plutôt les valeurs extérieures contre les valeurs locales. Tout cela est entretenu et renforcé par un niveau d’illettrisme élevé, un encadrement technique déficient, le développement de l’esprit de subsistance et d’assistanat, et les pesanteurs sociales. Enfin, il faut ajouter l’accès difficile aux crédits et au marché ou l’inadaptation des politiques de crédits pour les couches défavorisées qui décourage beaucoup l’entreprenariat. En conséquence, le manque d’opportunités d’affaires, l’oisiveté, et la pauvreté s’exacerbent dans les villages et poussent les jeunes à l’exode. Ainsi piégés entre la pauvreté économique, l’accès limité aux connaissances, les effets du changement climatique, la mal gouvernance locale et les luttes géopolitiques étrangères, la grande majorité des populations se résignent à vivre directement des ressources naturelles sans vision de durabilité ; tout le monde luttant pour survivre. Dans ce contexte, beaucoup se renient et s’adonnent à des pratiques religieuses pour se consoler dans la conviction que leurs dieux les sauveront, dans la vie comme dans la mort. Toute chose qui contribue à renforcer le fanatisme religieux et le terrorisme.Dans un tel contexte, le développement exige une approche à trois leviers : 1) les subventions transformatives (actions de sensibilisation, d’éducation civique et environnementale, de formations techniques et professionnelles, que celles-ci soient formelles ou informelles) ; 2) les subventions instrumentales tels la construction d’infrastructures communautaires de base (écoles, postes de santé, points d’eau, etc.), et l’octroi d’équipements et de matériels individuels et collectifs (petits équipements, animaux, plants d’arbres, semences, etc.) ; et 3) la facilitation de l’accès aux crédits et au marché. Dans tous les cas, la confiance en soi et les bons jugements de valeur sont les fondamentaux de l’entreprenariat et accéder à la résilience individuelle et collective.