PROBLEMATIQUE DE LA MICROFINANCE AU BURKINA FASO

Depuis des décennies, d’importants efforts financiers et techniques ont été investis dans le développement à travers l’Afrique, mais avec des impacts mitigés. En matière de micro finance en particulier, si les systèmes de crédits ont généré de l’enthousiasme chez la plupart des bénéficiaires parce qu’ils leur permettent de subvenir à leurs besoins pressants, il n’est pas toujours certain qu’ils aient eu un impact tangible sur l’économie familiale, à fortiori locale ou nationale. Les raisons probables comprennent les points suivants :

1. Les populations locales ne sont pas habituées ou ne sont pas assez préparées pour exploiter cette opportunité de développement économique,

2. Les bénéficiaires manquent souvent d’initiatives et/ou de formations appropriées sur les stratégies de rentabilisation des crédits octroyés.

3. Les stratégies d’approche sont souvent mal adaptées au niveau d’éducation et aux capacités de gestion des bénéficiaires, ainsi qu’à la sociologie et au contexte économique du milieu.

4. Souvent l’extrême pauvreté des bénéficiaires les oblige à utiliser les fonds de crédits pour satisfaire leurs besoins pressants de nourriture, de santé, etc. ; ce qui ne leur permet pas de les rembourser convenablement.

5. En dépit des échecs, de nombreux acteurs continuent de se succéder sur le terrain avec des intérêts souvent conflictuels. Cela a fini par convaincre les populations que les systèmes de crédit ne sont que d’autres façons de soutiens gratuits, expliquant des taux élevés d’impayés.

6. Afin d’éviter les risques d’impayés, certains acteurs ont cru bon de demander des garantis aux bénéficiaires de crédits et de menacer d’appliquer des mesures coercitives. Or, les mesures coercitives généralement préconisées ne sont pas souvent appliquées du fait de l’extrême pauvreté des mauvais payeurs. En conséquence, les pauvres les plus honnêtes sont effarouchés et l’impunité face aux mauvais payeurs finit par faire croire aux populations que l’octroi des micros crédits n’est qu’une autre façon de donation. Cela est d’autant plus compliqué que qu’en dépit des échecs, de nombreux acteurs continuent de se succéder sur le terrain avec des intérêts souvent conflictuels, et que les Institutions de Micro Finance (MF) sérieuses ne disposent d’aucun moyen de pression efficace. Pire encore, l’Etat ne semble pas intéresser à les assister dans le recouvrement des crédits impayés.

Cependant, les micros crédits demeurent une stratégie incontournable pour la promotion de l’entreprenariat des femmes et des jeunes, et l’économie familiale et locale. Toute la problématique réside essentiellement dans les méthodes d’approche. Pour sa part, la Mutuelle d’Epargne et de Crédit de l’ONG ASUDEC (MECRA) s’inspire de l’analyse ci-dessus et travaille en synergie avec l’ONG ASUDEC aussi bien sur le terrain qu’au bureau pour promouvoir ce qu’il convient d’appeler la « Micro Finance Participative » au profit des plus démunis.