PROBLEMATIQUE DE LA MICROFINANCE AU BURKINA FASO

Bien que les systèmes de crédits aient généré de l’enthousiasme chez la plupart des bénéficiaires parce qu’ils leur permettent de subvenir à leurs besoins pressants, leurs impacts n’ont pas été toujours plausibles sur le développement. Les raisons probables comprennent les points suivants :

1. Les populations locales ne sont pas habituées ou ne sont pas assez préparées à exploiter cette opportunité de développement économique,

2. Les bénéficiaires manquent souvent d’initiatives et/ou de formations appropriées sur les stratégies de rentabilisation des crédits octroyés.

3. Les stratégies d’approche sont souvent mal adaptées au niveau d’éducation et aux capacités de gestion des bénéficiaires, ainsi qu’à la sociologie et au contexte économique du milieu.

4. Souvent l’extrême pauvreté des bénéficiaires les oblige à utiliser les fonds de crédits pour satisfaire leurs besoins pressants d’alimentation, de santé, etc. ; ce qui ne leur permet pas de les rembourser convenablement.

5. En dépit des échecs, de nombreux acteurs continuent de se succéder sur le terrain avec des intérêts souvent conflictuels. Cela a fini par convaincre les populations que les systèmes de crédit ne sont que d’autres façons de soutiens gratuits, expliquant des taux élevés d’impayés.

6. L’Etat ne semble pas faciliter la tâche des IMF : Les politiciens perturbe les activités de crédit en lançant des projets d’octroi de crédit, parallèlement aux actions des IMF. Ces crédits politiques sèment la confusion sur le terrain et compliquent le paiement des crédits octroyés par les IMF. Mieux, l’Etat qui a des difficultés pour recouvrer les taxes auprès de ses créanciers, ne dispose d’aucun système d’éducation, ni de pression pour assister les

IMF à recouvrer leurs crédits en souffrance. Cependant, les micros crédits demeurent une stratégie incontournable pour la promotion de l’entreprenariat des femmes et des jeunes, et l’économie familiale et locale. Toute la problématique réside dans les méthodes d’approche. Pour sa part, la Mutuelle d’Epargne et de Crédit de ASUDEC (MECRA) s’inspire de l’analyse ci-dessus et travaille en synergie avec son ONG de tutelle (ASUDEC) aussi bien sur le terrain qu’au bureau pour promouvoir la « Micro Finance Participative », une innovation au profit des entrepreneurs à capacités techniques et organisationnelles limitées.