Au Burkina Faso, l’insécurité nationale, les variations et les effets du changement climatique, compliquent le développement de l’élevage. A la mauvaise qualité et à la dispersion des pâturages s’ajoutent les problèmes fonciers pour imposer l’extensivité de la production animale à travers le pays. Aussi, au regard de la dégradation des conditions climatiques, environnementales et sécuritaires dans la partie nord du pays, les troupeaux migrent de plus en plus vers le sud, exacerbant la pression sur les terres et les conflits avec les agriculteurs. Pendant que l’élevage du bétail est compliqué et comporte certains tabous à l’endroit des femmes, celui de la volaille en particulier, est facile et praticable par toutes les couches sociales. Toutefois, il est aussi confronté à de nombreuses difficultés techniques et au manque d’investissement financiers. Enfin, dans le contexte socioéconomique local, la richesse se mesure par rapport au type d’animal élevé : le bœuf est l’indicateur de grande richesse, suivi du mouton, de la chèvre, de la volaille et du porc. Au regard du taux de mortalité élevé et de son rang dans la liste des animaux d’élevage, la volaille est plus vite liquidée pour satisfaire les multiples besoins pressants, et pour éviter les pertes dues aux maladies. Le surplus de revenu est alors utilisé pour acheter successivement du petit (chèvres et moutons), puis du gros bétail (bœufs, ânes) qu’ils élèvent sous forme d’épargne vivant. Le bétail, lui, n’étant vendu qu’en cas de crise financière majeure, la gestion des troupeaux n’obéit à aucune rationalité technique ; ce qui explique le surpâturage et la dégradation des terres dans les zones pastorales. Même, l’autoconsommation des produits de l’élevage à l’exception du lait, est aussi très limitée ; toute chose qui s’ajoute au déficit technique de producteurs et au manque d’investissements pour en réduire la productivité et la rentabilité économique, et augmenter le taux de malnutrition.

Cependant, l’amélioration de l’élevage, notamment celui de la volaille qui est pratiqué aussi bien par toutes les couches sociales, permettrait non seulement de réduire l’exode des jeunes, mais aussi d’améliorer le revenu, l’alimentation et la nutrition familial au profit du développement. C’est pourquoi ASUDEC accorde une attention particulière à :

1) l’amélioration des races locales,

2) les soins vétérinaires,

3) la production laitière,

4) la fixation des éleveurs pastoraux, et

5) la diversification des productions animales.

Couveuse solaire par l’utilisation d’œufs issus du croisement entre pondeuses (Isa brown) et coqs de race locale